Un éphémère Royaume anglo-corse
La Révolution, qui avait accueilli Paoli en héros de la Liberté, se trouve bousculée par les monarchies européennes.
L'anarchie pointe son nez et tous ceux qui, par le passé, n'ont pas caché leurs liens avec elle - et Pasquale Paoli qui fut exilé en Angleterre ne s'en cache pas - sont devenus suspects de trahison.
L'ancien chef d'Etat, qui subit depuis quelques temps les critiques de jeunes loups de la politique insulaire, est accusé publiquement le 2 avril 1793 à la suite du rapport Volney et sommé de rendre des comptes devant la Convention.
Les paolistes et les anti-paolistes s'affrontent alors dans l'île. Paoli est finalement déclaré traître à la patrie et mis hors-la-loi le 17 juillet par la Convention.
Les Bonaparte, eux, ont fui l'île pour un nouveau destin.
Paoli se tourne donc vers les Anglais, qui viennent d'essayer de prendre pied en Méditerranée, à Toulon. Lorsqu'à la fin de 1793 Toulon est libéré, Paoli et le plénipotentiaire anglais Sir Gilbert Elliot décident la prise de la Corse. Le siège de Bastia débute et le 25 mai 1794, le bastion français tombe aux mains des paolistes et des Anglais. Le 10 août c'est Calvi qui capitule...
Le 15 juin, Paoli dévoile ce que seront les nouvelles institutions : le Royaume d'Angleterre protégera la Corse, Guillaume III sera son souverain et un vice-roi dirigera l'île. Mais en novembre, c'est Sir Elliot qui est nommé : Paoli n'exercera pas la plus haute fonction...
Et le Royaume anglo-corse ne durera pas au-delà du 15 octobre 1795...
LE DICTIONNAIRE HISTORIQUE DE LA CORSE
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