Giudice, trahi, est capturé par les Génois
Avec la capture et la mort de Giudice de Cinarca s'achève le siècle qui vit l'apogée du pouvoir du seigneur Sinucello della Rocca, le "juge de Chinerc" ainsi que le dénomme une chronique française du XIIIème siècle.
C'est qu'entre Gênes et Pise le torchon brûle et que les possibilités d'émerger pour un pouvoir local ont alors grandi. Giudice qui dès 1258 a affermi son pouvoir sur l'île par une stratégie d'allégeances (à Pise) et d'alliances (matrimoniales notamment) a fini par rallier les seigneurs locaux sous son autorité.
Il est défait, puis vainqueur en 1290, des Génois qui ne possèdent plus alors que les deux forteresses de Bonifacio et Calvi. Mais un traité entre Pisans et Génois (1299) scelle la fin de son alliance avec les Toscans et précipite sa chute : son fils naturel, commandant du castello d'Istria le livre à Gênes...
Iacopo Doria, chroniqueur génois de l'époque, commente ainsi les rapports tumultueux entre la Corse et ses "maîtres" : "Pendant le cours de ma vie j'ai vu la Corse soumise à plusieurs puissances. La Commune de Pise la soumit plusieurs fois, de même que les marquis de Malaspina (...). De même encore la Commune de Gênes, par deux fois (...). Cependant, (...) les Corses, traîtres éternels, se dérobèrent au respect de la domination de leurs maîtres et à l'obéissance, en perpétrant rapines et meurtres, comme le veut leur coutume.
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