A Cunsulta d'Orezza
"Justum est bellum quibus necessarium & pia arma quibus nisi in armis spes est".
La conclusion de la cunsulta d'Orezza, réunie à l'instigation du chanoine Orticoni moins de deux années après la révolte du Boziu, sonne comme un coup de tonnerre dans les cours de la vieille Europe :
"Il fut décidé, dit l'abbé de Germanes en 1771, que la guerre pouvoit se faire légitimement sur ce principe captieux : qu'elle est juste pour ceux à qui elle est nécessaire, & même sainte, lorsqu'il ne leur reste d'espoir que dans les armes. Le peuple, qui trouve de la justice dans tout ce qui est en sa faveur, applaudit à une décision qui flattoit son ressentiment ; persuadé qu'il alloit combattre sous la protection du Dieu des armées, il devint plus courageux en devenant plus fanatique".
Et, en effet, libéré de la question théologique, à contre-courant de la théologie du droit divin à gouverner qui refuse aux sujets le droit de résister à leur prince, la rébellion corse peut se transformer en révolution.
Elle est à cet instant précurseur du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui fondera tant de combats dans l'Europe ravivée par les Lumières.
LE DICTIONNAIRE HISTORIQUE DE LA CORSE
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