Destitution de Pozzo di Borgo
Carl'Andrea Pozzo di Borgo fut dans sa jeune carrière d'avocat un proche des Bonaparte. Ces liens amicaux et professionnels furent aussi politiques.
Carl'Andrea happé par le tumulte des années révolutionnaires est élu député extraordinaire à l'Assemblée nationale en 1790 où il s'en prend à Matthieu Buttafoco. En 1792, c'est au tour de Christophe Saliceti de subir ses foudres. Il est élu procureur général syndic de Corse la même année. Mais attaqué par ce même Saliceti, il est destitué le 2 avril 1793 en compagnie de Pascal Paoli.
Lucien Bonaparte qui participe à la campagne contre Paoli est voué ainsi que la famille Bonaparte "à l'infâmie perpétuelle" par une consulte à laquelle participe activement Carl'Andrea : c'est la rupture définitive avec les Bonaparte.
La famille embarque poursuivie par les poalistes et Carl'Andrea participe, en tant que bras droit de Paoli, à l'installation des Anglais qui suivra. Il sera désigné président du Conseil d'Etat du fugace Royaume anglo-corse mais, lorsque l'expérience tourne court, il s'exile définitivement.
Une nouvelle vie s'ouvre à lui qui le verra suivre Sir Elliot à Vienne, puis assumer des charges diplomatiques auprès des Russes, et en tant qu'ennemi mortel de Napoléon, il n'aura de cesse que de s'opposer aux menées de l'Empereur dans toute l'Europe.
Il devient même ministre russe auprès de Louis XVIII et ambassadeur en 1821. Sa carrière diplomatique ne s'achévera qu'en 1842 lorsque le "plus grand diplomate russe des Temps Modernes", quitta ce monde, sans jamais avoir revu la Corse...
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