Henri Tomasi
Henri Tomasi, c’est d’abord un Méditerranéen, Corse d’origine, Provençal de naissance: sa Méditerranée à lui s’étend de Marseille au Vietnam en passant par l’Espagne et le Hoggar. Henri Tomasi tour à tour, sensuel, poète, mystique, est aussi un homme engagé, révolté, écorché vif. C’est un compositeur connaissant tous les styles, du grégorien au jazz, de la mélopée orientale au sériel, et, en même temps profondément personnel. Orchestrateur hors-pair, il a écrit quelques unes des grandes partitions du 20è siècle, autant dans le domaine de l’opéra (Don Juan de Mañara, L’Atlantide, Sampiero Corso, Triomphe de Jeanne, Le Silence de la Mer, Ulysse ou le beau périple, L’Eloge de la Folie…) et dans le lyrique (Requiem pour la Paix), que dans le domaine symphonique (Concerto de guitare à la mémoire d’un poète assassiné, F.G. Lorca, Symphonie du Tiers-Monde…). Il s’est ainsi défini lui-même : « J’ai horreur des systèmes ! Tout en n’ayant pas craint d’employer souvent les modes d’expression les plus modernes, je suis resté un mélodiste. La musique qui ne vient pas du cœur n’est pas de la musique. »
Le « grand Tomasi », c'est celui qui, profondément inspiré par la Méditerranée, a su faire de chaque oeuvre importante un chant de vie et un engagement humaniste. De l’exaltation dionysiaque du concerto pour piano Cyrnos, sa première œuvre, à l’hymne à la lumière de Retour à Tipasa, cantate profane d’après Camus, en passant par le mysticisme des Fanfares liturgiques, jusqu’à la virtuosité des concertos pour trompette, saxophone, violon, flûte, harpe, clarinette…, c’est un même lyrisme passionné et une même interrogation sur le sens de l’existence qui traversent l’œuvre de Tomasi.
L'ensoleillement de ses amertumes, de ses enthousiasmes et de ses combats la rendent plus que jamais contemporaine. Plus de trente ans après la mort du compositeur, sa musique est présente dans une quarantaine de pays.
Tomasi à son piano répétant le Cantu di Cimu avec Martha Angelici, Paris 1946
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