OCTOBRE 2007 - ALAIN GAUTHIER
Albiana : Vous avez signé de nombreux ouvrages aux éditions Albiana et collaboré à d’aussi nombreux ouvrages collectifs. Comment débute cette collaboration ?
Alain Gauthier : Elle date de 1999 avec comme premier ouvrage « Corse des sommets », un ouvrage décrivant l’ascension des 117 sommets de plus de 2000 m que compte la Corse. Cet ouvrage, aujourd’hui épuisé, est devenu rapidement un « best-seller » avec 4 éditions successives. Les habitants de l’île ont découvert le nombre important de sommets à plus de 2000 et un nombre non négligeable de randonneurs tente depuis de réaliser l’ascension de l’ensemble de ces 117 sommets. Le livre a été ensuite décliné en format de poche, toujours en vente. Une nouvelle version est en cours de préparation. Sa parution est prévue pour 2008.
Albiana : Une de vos spécialités est la randonnée (plus particulièrement la randonnée montagnarde). Vous avez travaillé à plusieurs guides. Quelle est la « consommation » de la randonnée aujourd’hui en Corse ? Quelle est son impact économique et écologique ?
Alain Gauthier : Si l’île est « l’Élysée de la géologie », elle est aussi « le paradis des randonneurs ». Il y a des randonnées pour tous : des plus dures (GR 20) aux plus familiales. On peut y randonner en toutes saisons et de « 7 ans à 77 ans ».
Depuis quelques années la randonnée représente à elle seule parfois l'une des raisons majeures pour lesquelles on vient en Corse.
Certains itinéraires génèrent des visites en demi-saison.
Je n’ai pas de réels chiffres concernant les retombées économiques, mais la création de nombreux gîtes dans les villages, l'installation, récente, de plusieurs accompagnateurs en moyenne montagne, l’existence de plusieurs entreprises vivant des sports nature, semblent indiquer que cet impact est loin d’être nul.
Sur le plan écologique, quelques sites particulièrement fréquentés : lacs, pozzines pourraient être à terme menacés par le piétinement (pozzines) ou la sur-fréquentations (lacs).
On pourrait assister aussi au dérangement de la grande faune protégée (mouflons, aigles, balbuzards, etc.).
Il est déjà arrivé qu’une balade ne soit pas présentée dans un des guides que j’ai écrit pour éviter la dégradation d’un site remarquable ou le dérangement d’une espèce.
Il y a là un thème de réflexion.
On notera toutefois que la randonnée pédestre est le moins agressif des sports de pleine nature.
Beaucoup plus préoccupants peuvent être la répétition du canyoning dans certains cours d’eau et surtout les sports motorisés, hélas, en plein développement (quads, motos « vertes », etc.).
Albiana : Votre dernier ouvrage « Des roches, des paysages et des hommes » vient de recevoir le PRIX INTERNATIONAL DU LIVRE INSULAIRE DU SALON D’OUESSANT dans la catégorie sciences. Quelle est la genèse de ce livre, véritable somme sur la géologie de la Corse ?
Alain Gauthier : Ce livre correspond à plus de 30 ans d’investigations sur le terrain. Il reprend en les complétant, plusieurs publications aujourd’hui épuisées.
Albiana : Quelle est la principale caractéristique géologique de la Corse ?
Alain Gauthier : Son extrême diversité, qui en fait un véritable condensé des roches et des problèmes de la géologie.
C’est à la nature de ses roches et à l’histoire de leur mise en place que l’île doit l’extraordinaire diversité de ses paysages.
Albiana : Quels sont vos « chantiers » actuels, vos champs d’investigation ?
Alain Gauthier : Préparer la réédition de Corse des sommets et publier d’ici 2 à 3 ans un ouvrage, si possible exhaustif, sur les mines insulaires en mettant en particulier l’accent sur les hommes (mineurs, directeurs d’exploitation, ingénieurs des mines, etc.) qui ont participé à l’histoire de cette exploitation.
|