Le Vir Nemoris, poème épique de Giuseppe Ottaviano Nobili-Savelli (1742-1807), doit sa survie à la collaboration entre un Bastiais, Salvatore Viale, et un Dalmate, Niccolò Tommaseo, qui le considérait comme "l'un des poèmes latins les plus remarquables qu'aient connus les lettres du siècle d'argent de la langue romaine jusqu'alors". Il le publia à Florence en 1846 dans les Lettere di Pasquale de' Paoli, en effectuant cependant des coupes sombres dans le manuscrit original, par ailleurs profondément remanié. Trois traductions italiennes de cette édition, entachées d'arrière-pensées irrédentistes, virent le jour dans les années trente.
Grâce aux manuscrits communiqués par Marco Cini et Jacques Thiers, François-Michel Durazzo nous livre donc pour la première fois le texte intégral de Vir Nemoris, accompagné d'un appareil critique et d'une traduction qui sont un premier jalon dans la découverte de cette oeuvre injustement méconnue.
Le Centre Salavtore-Viale peut donc exprimer une certaine fierté puisqu'il s'agit de redonner à Giuseppe Ottaviano Nobelli-Savelli - l'un des premiers étudiants de l'université de Corse, imprégné de culture latine, génial traducteur d'Horace, poète subtil, ami d'Alfieri - la place qui lui est due dans l'histoire de la littérature corse.
Dans ce vibrant chant d'exil qu'est le Vir Nemoris, l'auteur élève un monument littéraire à son ami compagon d'armes, Domenico Leca, le curé de Guagno, plus tard retrouvé mort dans une grotte de Fium'Orbo, ayant, selon la légende, un crucifix dans une main et un poignard dans l'autre. Le siècle de Viale fera de Circinellu la figure mythique de l'insoumis et du "martyr de la liberté".
Francis Beretti
Président du Centre d'études Salvatore Viale |
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Giuseppe Ottaviano Nobili-Savelli
Circinellu
ou
L'homme du bois sacré
texte établi, traduit, annoté et présenté par François-Michel Durazzo
précédé de
"La faible voix des 'vaincus' : le Vir Nemoris de Giuseppe Ottaviano Nobili-Savelli"
par Marco Cini |