Marie, l’héroine de Un chat qui vient de loin (Albiana, 2005), est à la recherche de son étrange matou qui a disparu. Munie de son précieux talisman, une pierre bleue aux vertus magiques, elle doit résoudre une énigme où le monde étrusque joue un grand rôle. L'’effrayante Begonia détiendrait-elle la clé du mystère ?Haletante et curieuse, l'histoire entraîne le lecteur dans un monde à la frontière du fantastique, entre un passé lointain de la Corse et le présent d’une jeune écolière dégourdie, qui serait bien sage, c'est sûr, s'il ne lui arrivait tant d'aventures...
Michèle Castelli, originaire de l'Ile-Rousse, est professeur de français et écrivain. Elle est l’auteur de nombreux romans sur la Corse (Marie di Lola, Rue château Payan, La Veuve blanche, Albiana) et d’un premier ouvrage pour le jeune public Un chat qui vient de loin, ouvrage qui a obtenu un vif succès dans l’île (désormais étudié dans les classes).
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Extrait :
Mais où est passé Misgiu?
Le printemps a éclaté comme ça, tout d'un coup, répandant ses fleurs dans les champs, dispersant ses odeurs sucrées dans l'air devenu tiède et léger. Les crocus, les jonquilles et les jacinthes illuminent d'or et de bleu les plates-bandes du jardin de la maison. Tout alentour, dans le maquis, les bouquets des asphodèles blanches ondulent sous la brise et les cistes accrochent leurs corolles de papier crépon aux buissons d'un vert foncé tout neuf.
« Comment a-t-il pu arriver ainsi, si vite ? » se demande Marie, assise sur les marches de la terrasse. C'est vrai qu'il y a eu tant d'événements dans sa vie qu'elle n'a pas eu le loisir de lever les yeux vers le ciel pour observer les changements de saison. Tant de bouleversements, d'agitation, de craintes, de mystères! Et maintenant, le bonheur retrouvé : son père guéri, sorti d’un long coma après son accident de voiture, sa mère enfin rassurée et détendue comme elle ne l'avait plus été depuis des mois.
Tout serait parfait, vraiment parfait si Misgiu, son chat, son guide dans le monde mystérieux où elle a pénétré, était là .Marie soupire et se le reproche. Elle n'a pas le droit d'être triste, même un peu, puisque son père est enfin à la maison. Bien sûr, dès qu'il a repris connaissance, il n'a pas pu sortir de l'hôpital. Il lui a fallu une rééducation. Mais elle a été très rapide, à la grande surprise des médecins. Comme l'espoir était revenu, l'ambiance aussi avait changé à la maison. Sylvie, la mère de Marie, ne revenait plus de Bastia les yeux rougis. Au contraire, à chaque retour, elle rapportait des nouvelles réconfortantes des progrès stupéfiants du convalescent.
Marie, elle, restait au village. De toutes façons, les cours avaient repris, et cette longue période durant la classe de neige à laquelle elle n'avait pas participé, avait pris fin .La routine était revenue: école, devoirs, copines, jeux, leçons, discussions, petits secrets, grands fous rires.
Et puis son père est revenu à la maison. Le chat, lui, n'est pas revenu .Depuis qu'elle est allée à l'hôpital avec sa maman, le jour merveilleux où son père a retrouvé la mémoire, Misgiu n'a pas réapparu.
Marie songe à tout cela .Elle se demande si elle peut conserver l'espoir de le revoir un jour.
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