Les saints et les morts
de Jean Louis Tourné
Dans le sud de l’île, une jeune conseillère en patrimoine est retrouvée assassinée au bas d’un pont. Dans les arcanes des milieux de l’immobilier et des grandes fortunes, une affaire de famille est au cœur du mystère… aux enquêteurs de trouver le fil rouge qui les menera jusqu’à l’assassin !
C’est l’automne en Corse, la saison où la nature s’assoupit doucement. Bientôt la Toussaint et le jour des Morts... un temps propice à la grisaille, à la décrépitude et au meurtre... Lisa Fichter a été retrouvée morte au bas du pont de Campo…
Le petit village, si tranquille d'ordinaire, est en proie au doute et à la rumeur. Il faut dire que la jeune gestionnaire de patrimoine n'était peut-être pas l'ange qu'elle paraissait et que, lorsqu'il s'agit d'immobilier, en Corse, les appétits s'aiguisent... Et puis le patrimoine ici, c'est toujours des affaires de famille, compliquées, secrètes, violentes…
C'est aux inspecteurs Sébastien Rison et Laurence Albertini qu'il reviendra de faire jaillir la lumière…
Un whodunit...
Intégrant la collection Nera, grace à un premier roman particulièrement maîtrisé, Jean-Louis Tourné offre au lecteur sa connaissance approfondie des arcanes du monde de la finance et du patrimoine. Un univers où le secret, l’envie et l’art du contournement sont essentiels à la survie, mais que les passions humaines et l’amour en particulier viennent troubler. Les crimes y trouvent leurs plus sordides mobiles, les romanciers leurs plus jolies intrigues...
La collection Nera s’enrichit ici d’un whodunit original, plongeant ses racines dans l’un des maux de la Corse contemporaine, la question foncière et l’indivision.
Page auteur de Jean-Louis Tourné
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Extrait :
Me croiriez-vous si je vous disais que la Corse est une terre oubliée ?
Difficile à croire, n’est-ce pas, si l’on songe à ces plages impitoyablement enserviettées durant l’été par des vacanciers vêtus de leurs seuls coups de soleil. Difficile à imaginer lorsque l’on voit les trottoirs de Bastia ou d’Ajaccio martelés par les talons aiguilles des élégantes, toutes blondes, toutes tintinnabulantes sous le poids de leurs bijoux en or.
Et pourtant, il suffit de regarder la Corse pour s’apercevoir qu’elle est la demeure d’un être, d’une entité gigantesque dont la présence imprègne l’île toute entière. Du coeur de la Corse, à Vizzavona, elle étend ses bras dans toutes les directions, à travers les montagnes, par-delà les rochers.
La forêt se coule ainsi dans chaque interstice du paysage, dans chaque fissure de roche. Les arbres se touchent, les branches se parlent et l’on voit ainsi cet être qui remplit tout l’espace des montagnes, tapi là, à attendre.
À attendre quoi ? Peut-être rien. Peut-être l’hiver.
Car c’est l’hiver que la forêt respire. L’hiver commence à la Toussaint, i Santi, le temps des saints. Et puis i Morti, le temps des morts, juste après le jour des Saints. Alors, le temps se referme et la forêt écoute. Elle écoute le poids du gel sur les branches ; elle écoute l’odeur du châtaignier que l’on ne sent vraiment qu’en novembre ; elle écoute le bois qui craque sous les pas de choses étranges. De ces choses qui marchent seules dans la nuit.
La Corse est une terre oubliée. Elle en est satisfaite.
Une critique sur Grand Sud Mag |