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  François Coty
Un industriel corse sous la IIIe République

François Coty : un industriel corse sous la IIIè république. Prix Essai de la Collectivité de Corse 2008
19 € 
Ghislaine Sicard-Picchiottino

Albiana 2006
17,5 x 24 cm - 314 pages
Réf. ISBN: 2-84698-173-6
 

 

Prix Essai de la Collectivité de Corse 2008

 

Créateur de parfum de génie et inventeur de la parfumerie moderne, capitaine d’industrie et richissime homme d’affaire issu de la petite notabilité ajaccienne, François Coty (Spoturno) fut à son époque un homme de grand renom affichant une réussite hors du commun. Fasciné par la chose politique – il avait été secrétaire d’Emmanuel Arène – et l’un des tous premiers magnats de la presse de l’histoire, il posséda Le Figaro et Le Gaulois et créa dans l’entre-deux-guerres L’Ami du Peuple dans une optique politique avouée. Ses engagements publics – évoluant au cours de sa vie de la gauche à la droite puis à l’extrême droite, dans une époque qui vit l’émergence des nationalismes autoritaires européens et notamment l’avènement du fascisme italien voisin – coïncident avec une perception moderne de l’usage des médias : les puissances économiques, médiatiques et politiques s’interpénétrant au service des ambitions publiques ou personnelles.

                Un temps sénateur de la Corse, capitaliste bienfaiteur et paternaliste mais aussi actif mécène,  il vise le mandat de maire de la Cité impériale sous l’étiquette bonapartiste, comme un symbole, qu’il décroche en 1931… pour ensuite ne jamais s’y rendre !

                Sans doute l’un des destins insulaires les plus originaux du XXe siècle, le parcours de François Coty est représentatif du self-made man, dont le modèle marquera le siècle, ici et ailleurs, entre dépression économique, guerres mondiales et fortunes industrielles… et dont la chute était inscrite au cœur même de la réussite.

 

]

« Il serait difficile, on le voit, de trouver une source de profits mieux assurée. Que serait-ce si, devançant l’état actuel de l’industrie, MM.Spoturno, instruits par l’exemple de Grasse, d’Antibes, de Nice, tiraient de leurs produits tout le parti qu’ils peuvent rendre ? Le jour où la distillerie et l’industrie des parfums pénétreront dans l’île, plus de perte de fleurs, de brout ou de déchets de taille. Les orangeraies s’adjoignent les cultures florales qui s’adaptent si bien à vos méthodes et au penchant des femmes corses pour les travaux agricoles ; les vallons pauvres en eaux se peuplent de bigaradiers et de bouquetiers ; la flore même de vos makis vient une source de richesse » (…)

Extrait de L’Aigle corse du samedi 23 juin 1866, bi-mensuel paraissant à Bastia, directeur Eugène Ollagnier.

 

MM.François et Philippe Spoturno, propriétaires de l’orangeraie de Barbicaja, n’ont pas suivi les conseils prémonitoires formulés par M.Jules Buisson, propriétaire agriculteur dans l’Aude, donnés lors de l’exposition agricole et industrielle qui s’est déroulée à Ajaccio le 15 mai 1865. C’est leur petit neveu, Joseph Marie François Spoturno, dit François Coty, qui, au début du XXème siècle, se lance avec talent, succès et profit dans la grande aventure des cultures florales et de la parfumerie. Mais la situation économique et sociale de la Corse ne s’en trouve guère modifiée, contrairement à ce qu’envisageait M.Buisson. Car c’est sur le continent et à l’étranger que le futur « Napoléon de la parfumerie » implante ses installations industrielles, se contentant pour la Corse de projets grandioses qui ne seront que très partiellement réalisés de son vivant. Son île natale n’en constitue pas moins un vaste champ d’expérimentation mais dans un autre domaine que l’industrie, un domaine où il compte régner en souverain  et qui contribuera à sa chute, la politique.

 

l'auteur : Ghislaine Sicard-Picchiottino

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