Né du désir premier de marquer le passage des vingt printemps de la Foire par la publication d'un ouvrage de référence, le présent livre regroupe les textes d'auteurs divers mis à contribution par le Foyer Rural de Bucugnà. Qu'ils soient professeurs d'université, journalistes, exposants ou bénévoles, tous ont tenté d'éclairer la réussite paradoxale d'une foire que tous vouaient à l'échec, en plein coeur de l'île de Corse réputé en déshérence.
Certains furent invités dans le cadre d'un cycle de rencontres-débats tenues à l'été 2002 à Bucugnà, "U Vennari in Bucugnà", autour de la thématique générales des "Dynamiques rurales". Ils ont fourni à cette occasion une partie des textes de l'ouvrage.
Alors, pourrait-on dire, comme dans une foire littéraire, chacun a porté son savoir, son art, ses souvenirs, son amour de tout ce que représente la foire aujourd'hui pour offrir ce bouquet, ce portrait sensible et réfléchi, agrémenté de nombreuses photographies d'hier et d'aujourd'hui, ce livre pour un anniversaire pas comme les autres. Celui de la volonté, de l'opiniâtreté et du dynamisme. Celui de tous ceux qui ont toujours eu foi en un avenir pour la Corse, construit ici et par ses propres enfants.
Textes collectés par Bernard Biancarelli pour les éditions Albiana et le Foyer Rural de Bucugnà.
Contributeurs : J.L. Andréani, A. Martinetti, Ach. Martinetti (président de la foire), Ghj. Thiers, Zia Lilia Ristori, J. Sauvezon, J.M. Sorba, P. Filipi, Y. Goulm, B. Etienne, A. Casanova, TH. Casanova, N. Levratto, J. Orsini, G. Ravis-Giordani, D. Verdoni.
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Extrait de l'article de Anne Martinetti : "Di A festa di Santa Lucia à a Fiera di a castagna"
"1982, la Corse bouge. Alors que l'université de Corte a rouvert les portes de la connaissance il y a à peine un an, l'île se voit dotée d'un statut particulier et baigne en plein Riacquistu. Partout, on a pris conscience que le développement économique ne pourra se passer de l'intérieur de l'île et que l'avenir ne se conjuguera pas sans le passé.
Bucugnà, 26 novembre 1983. Sous un chapiteau planté à l'entrée du village, un petit groupe de jeunes gens s'active à régler les derniers détails techniques. Malgré quelques contretemps, l'ambiance est à la fête et à l'euphorie. Dans quelques instants, le rideau se lévera sur la première Fiera di a castagna et durant deux jours quelque mille visiteurs franchiront le seuil de cette tente.
A ce moment, aucun de ces jeunes gens ne se doute qu'il est en train d'écrire les premières lignes d'une longue hsitoire. Personne ne s'imagine vingt ans plus tard refaire les mêmes gestes et ressentir la même excitation à quelques minutes de l'ouverture de la foire. Bien qu'animés d'une foi solide en leur action, ces enfants du village ne savent pas que leur petite fête de la châtaigne, A festa di Santa Lucia, comme l'appelait l'abbé Desanti, va devenir, uniquement grâce à leur implication et à leur volonté de contrer un destin tout tracé, une des manifestations les plus importantes de l'île (...)
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